Des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
En France, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et la loi énergie-climat (LEC) de 2019 ont fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de diversification des sources d’énergie, en cohérence avec les objectifs européens.
L’objectif de neutralité carbone en 2050 (autrement dit que la France émette autant de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe sur son territoire) et l’objectif de 33 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France d’ici 2030 ont ainsi été inscrits dans la loi. Pour l’électricité, cela correspond à un objectif de 40% de la production électrique d’origine renouvelable en 2030.
Pour atteindre ces objectifs, l’État a défini deux feuilles de route, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Augmenter la production d'électricité décarbonée pour atteindre la neutralité carbone en 2050
L’atteinte de la neutralité carbone en 2050 nécessite une électrification massive des usages, à partir d’électricité décarbonée. En France, les émissions de gaz à effet de serre sont principalement générées par le recours aux énergies fossiles, qui représentent aujourd’hui près des deux tiers de la consommation en énergie finale. La décarbonation des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (transports, résidentiel, industrie…) nécessitera de passer d’une utilisation d’énergie fossile à une utilisation d’électricité, qui devra être produite par des moyens de production décarbonés pour certains usages : véhicules électriques (au lieu de thermiques), pompes à chaleur (au lieu de chauffage au gaz ou au fioul), procédés industriels électrifiés...
Il en résulte que le besoin en électricité provenant de sources décarbonées augmentera significativement dans les décennies à venir. Ainsi, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publiée en février 2026 prévoit une augmentation en volume du besoin de production électrique décarbonée à hauteur de 585 TWh à l’horizon 2030 et à hauteur de 650 à 693 TWh à horizon 2035, par rapport à une production électrique 458 TWh en 2023.
Compte tenu à la fois de ce besoin croissant en électricité, d’une nécessaire diversification de nos moyens de production d’électricité pour rendre le mix électrique plus résilient face aux crises, du vieillissement des centrales nucléaires existantes, et malgré les projets de nouvelles centrales nucléaires dont la première mise en service n’est pas envisagée avant 2035, il est indispensable de développer rapidement et massivement de nouveaux moyens de production d’énergies renouvelables. Ceux-ci comportent notamment l'éolien terrestre, le solaire et les énergies marines renouvelables (EMR), dont fait partie l'éolien en mer.
Les atouts de l'éolien en mer
Un gisement important
Les espaces maritimes permettent d’installer un plus grand nombre d’éoliennes, de plus grande taille, avec un impact paysager plus limité qu’à terre. En Europe, la France bénéficie du deuxième gisement de vent pour l’éolien en mer après la Grande-Bretagne.
Une grande productivité
En mer, le vent est plus fort, plus stable et plus régulier qu’à terre. Les éoliennes en mer des tous premiers parcs attribués ont une puissance de 6 à 8 MW, mais les parcs récemment attribués (et mis en service à compter de 2030) anticipent d'ores et déjà des puissances d'au moins 15 à 20 MW. Le facteur de charge des parcs éoliens en mer en Europe (ratio entre l'énergie produite par les parcs et l'énergie qu'ils auraient produite s'ils avaient constamment fonctionné au maximum de leur capacité) est d'environ 40 à 45%.
Une technologie faiblement émettrice de CO2
Selon le nombre d’éoliennes, leur puissance unitaire et le temps d’exploitation, le bilan carbone des parcs éoliens en mer français varie comme suit :
De 554 000 à 734 000 tonnes éqCO2émises ;
Un facteur d’émission entre 13 et 19 g eq CO2 / kWh produit ;
Un temps de retour de 4,5 à 6 ans en France ; le temps de retour correspond à la durée nécessaire à l'installation pour produire la quantité d'énergie consommée au cours de son cycle de vie.
Considérée comme une filière mature, l’éolien en mer posé affiche des coûts qui la rendent très compétitive. Le prix de l'électricité proposé dans l'offre du lauréat pour le projet éolien en mer de Dunkerque, attribué en 2019, est ainsi de 44 €/MWh. Le lauréat du projet Centre Manche 2, dernier projet attribué en France, en septembre 2025, a quant à lui proposé un tarif d'achat de 66 €/MWh. L'éolien flottant, avec un potentiel significatif même s’il est encore aujourd'hui moins mature techniquement que l’éolien posé, présente des coûts plus importants, qui pourraient converger à terme avec ceux de l'éolien posé. Les premiers projets commerciaux en Méditerranée ont ainsi été attribués en décembre 2024 aux tarifs de 85 et 92 €/MWh.
Que ce soit pour l'éolien en mer posé ou flottant, le prix de l'éolien en mer dépend des technologies utilisées et des conditions de site (sols, conditions de vent, distance à la côte etc.).
Une technologie créatrice d’emplois
A travers le développement d’une filière industrielle nationale. La filière de l’éolien apparaît comme une opportunité de développement des activités économiques et portuaires à travers un réseau de petites et moyennes entreprises déjà fortement mobilisé. On voit donc se développer de nouvelles synergies liées à la construction et à la maintenance des parcs éoliens en mer avec les activités portuaires existantes. Par le biais du pacte éolien en mer, la filière s'est engagée à atteindre 20 000 emplois à l'horizon 2035.
L'observatoire des énergies de la mer publie annuellement un rapport sur les emplois mobilisés sur l'éolien en mer, dont le dernier est paru en juin 2025.
Le déploiement de nouvelles capacités de production d’énergie est réalisé selon les objectifs fixés par la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Révisée tous les cinq ans, elle définit la trajectoire du mix énergétique national pour les dix prochaines années. La PPE en vigueur couvre la période 2026-2035 et détermine les capacités de production à attribuer sur cette période.
Etat d'avancement des projets et dates de mise en service :
Saint-Nazaire (Pays de la Loire), 480 MW : 2022 (en service)
Fécamp (Normandie), 497 MW : 2023/2024 (en service)
Saint-Brieuc (Bretagne), 496 MW : 2023/2024 (en service)
Dunkerque (Hauts-de-France), 600 MW : 2028 (autorisé - en développement)
Centre-Manche 1 (Normandie), 1 000 MW : 2032 (en développement)
Bretagne Sud 1 (Bretagne), 250 MW : 2032 (études et préparation du dossier de demande d'autorisations)
Golfe de Fos 1 (Provence-Alpes-Côte-d'Azur), 250 MW : 2031 (études et préparation du dossier de demande d'autorisations)
Narbonnaise Sud-Hérault 1 (Occitanie), 250 MW : 2032 (études et préparation du dossier de demande d'autorisations)
Centre-Manche 2 (Normandie), 1 500 MW : à partir de 2033 (études et préparation du dossier de demande d'autorisations)
Afin de poursuivre le développement de l’éolien en mer et tel que le prévoit la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 2026-2035, l’Etat prévoit le lancement de nouveaux appels d’offres pour atteindre 15 GW de puissance installée à horizon 2035 et de 18 GW à horizon 2037.
Résumé des calendriers prévisionnels des appels d'offres :
L’objectif est ensuite d’atteindre une puissance cumulée de 26 GW attribuée d’ici à 2030-2031, dans la perspective d’atteindre 45 GW en service en 2050.